Suite du Voyage à Paris, Le louvre et Le Palais Royal, le 1er avril 2026
Episode 2
14 :30 Mr Aymeric Peniguet de Stoutz, Administrateur du Palais Royal nous accueille au Palais Royal . Nous reformons nos deux groupes dans la cour d’honneur.
Entouré par le ministère de la culture, le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’état, et la Comédie Française, nous sommes au cœur de Paris , dans un lieu , chargé d’histoire. Mr Péniguet nous présente l’œuvre des « deux plateaux » appelés plus souvent les colonnes de Buren. Œuvre crée, il y a 40 ans, en 1986 avec Patrick Bouchain (architecte). L’artiste a été très décrié , ( les enfants pourtant sont contents pour une fois , ils peuvent grimper et s’assoir sur les colonnes , les adultes aussi pour ainsi admirer les façades… ) Daniel Buren par ces colonnes, a voulu symboliser la balance du Maat, instrument sacré, servant à la pesée des âmes, au jugement des morts. En marbre de carrare des Pyrénées, noires et blanches, elles font références à la statuaire antique et l’alignement des colonnes, fait elle référence à l’architecture classique. Un second plateau, en sous-sol est constitué de 3 tranchées creuses dans lesquelles des colonnes de hauteur égal, ont été placées, elles montrent la pente du sol, sur laquelle circule un plan d’eau, reflétant le ruissellement et de façon sonore le niveau supérieur, on peut y entendre l’eau couler.
Le Palais, un peu d’histoire :
Richelieu acquiert l’hôtel de Rambouillet en 1624 ( disparu aujourd’hui), puis des terrains et maisons alentours . Il passe commande à l’architecte Jacques Lemercier, qui construit de nouveaux bâtiments et aménage de luxueux appartements. C’est le Palais Cardinal. Féru d’art, Richelieu fait installer deux galeries de peintures et un de théâtre en 1637 . Salle dans laquelle Molière donnera ses pièces et où Lully jouera ses opéras. Pierre Desgots, beau frère d’André Le Nôtre dessine le jardin. Seul vestige aujourd’hui, la galerie des Proues et ses rostres de navires agrémentés d’ancres. Le Cardinal était surintendant de la navigation.
A sa mort en 1642, le Palais Cardinal est légué à Louis XIII, il devient Palais Royal puis à Anne d’Autriche, qui y vit avec ses deux fils, le jeune Louis XIV et Philippe d’Orléans, mais les révoltes de la Fronde, les font fuir, vers des lieux plus sûrs à St Germain en laye . Le palais revient alors à la sœur du roi Louis XIII, puis à leur fille Henriette d’Angleterre, très fortunée (voir le Duc de Penthièvre) qui épouse Philippe d’Orléans . Le Palais devient la résidence des Orléans. Philippe II d’ Orléans, régent de 1715 à 1723 , y organise de grandes fêtes. Le Palais est au cœur de la vie politique et il devient aussi le lieu des plaisirs.
Petit fils du Régent, Louis Philippe le gros, hérite du palais en 1752. L’architecte Constant d’Ivry édifie le bâtiment central actuel et l’escalier d’honneur.
Puis Philippe d’Orléans ( 1747-1793), Philippe Egalité appelle Victor Louis pour édifier les lotissements autour du jardin, 60 pavillons de style néoclassique entre 1781 et 1784, les rues Montpensier, Valois et Beaujolais sont créés. Avec l’autorisation de Louis XVI, il loue les rez-de -chaussée à des commerçants. On vient en nombre chercher sous ses galeries les dernières tendances de la mode, au milieu d’un flot de prostitués. Le coût est colossal, Louis Philippe sera obligé de vendre les immeubles sur le jardin (C’est la première copropriété de France) et faute de crédit, il ne pourra terminer la galerie, pour séparer la cour d’honneur, du jardin ; des galeries marchandes de bois sont alors élevées, sur de la terre battue , qui devient vite boueuse…On surnommera l’endroit « le camp des Tartares ».
Heureusement Louis Philippe (1773-1850) confiera à l’architecte Pierre Fontaine le soin d’achever ce beau projet, il fait doubler à l’identique, le corps central par Constant d’Ivry , édification des pavillons de Valois et de Montpensier et en 1828 , il construit la galerie d’Orléans. Un grand soin est apporté aux choix des matériaux, par-dessus cette galerie, une immense verrière illumine les boutiques ( auj. disparue ) .
En 1871, c’est la semaine sanglante, les communards incendient le corps principal du Palais Royal, le Palais de justice, le Palais d’Orsay.
Mr Péniguet nous emmène alors déambuler , nous commençons par la galerie Montpensier. Il nous raconte en passant devant les numéros des devantures, avec amples détails et toujours une pointe d’humour, les nombreuses histoires de vie de ce Palais Royal , véritable ville dans la ville.
Ainsi nous allons à la rencontre de lieux mythiques , grâce aux numéros ; ici était la boutique du chapelier Poupard , fournisseur des bicornes de l’Empereur, ici la librairie d’Alexandre Corréard ( 1788-1857), ingénieur des Arts et Métiers, 1 des 15 rescapés du « radeau de la Méduse » qui fit naufrage au large des côtes mauritaniennes. Le récit de ce naufrage, malgré l’interdiction de sa publication , connait un grand succès ; il se reconvertit dans la librairie et fait paraître de nombreux ouvrages et journaux sur les sciences militaires, le génie civil et de nombreux pamphlets contre la restauration, il s’en suit 9 arrestations, 8 années de prison, son commerce est fermé et ses 8 000 œuvres saisies…
Ici la boutique du marchand de masques de cire, ( façon musée Grévin ou masque d’Agamemon ?) et le café au mille colonnes avec la belle Limonadière , qui connut 10 ans de succès, après beaucoup moins, elle n’était plus aussi jolie.
Il y avait aussi : Le café de Chartres, à l’emplacement du restaurant situé dans les jardins du Palais Royal , qui accueillait sous la Révolution : Danton , Marat et le duc d’Orléans ; le café de Foy, où Camille Desmoulins harangua la foule, pour l’exhorter à prendre les armes.
Nous passons devant le théâtre du Palais Royal, ancien théâtre de marionnettes, édifié par Victor Louis en 1784 , puis théâtre de Melle Montansier, qui venait de Versailles, (1790 : « les époux mécontents »), et qui fonde ensuite, bld Montmartre, les « Variétés » .
Le café de Chartres, à l’emplacement du restaurant situé dans les jardins du Palais Royal , qui accueillait sous la Révolution : Danton , Marat et le duc d’Orléans ; le café de Foy, où Camille Desmoulins harangua la foule, pour l’exhorter à prendre les armes.
Nous arrivons galerie Beaujolais, Mr Péniguet nous parle avec enthousiasme de gastronomie et des premiers restaurants, avec en 1765 celui de Mathurin Roze de Chantoiseau , un économiste, qui associé avec Mr Pointaillé , cuisinier, devient le 1er restaurateur de Paris, rue des Poulies à Paris découpant des chaperons cuits au gros sel et découpé sur des guéridons.
Antoine Beauvilliers ( 1754-1817), figure incontournable du Palais, célèbre pour avoir ouvert le 1er véritable grand restaurant de Paris, à la veille de la Révolution. Il fonctionnera malgré les troubles, car c’est un des lieux de rendez -vous de la « Réaction » jusqu’ en 1795, il doit quitter alors les lieux , à cause de Fouché et ouvre alors à 48 ans , « La grande taverne de Londres » , 26, rue de Richelieu . Il y aura beaucoup de succès jusqu’à sa mort en 1817. ( les aristocrates anglais furent les premiers à avoir de bons restaurant à Londres)
Fin XVIIIième, le chef Laguipière avec sa soupe au potiron et ses clients : Murat, Daumesnil, Bessière . En 1820, Jean Véfour ( 1784-1841) fonde « le Véfour », le meilleur restaurant gastronomique de Paris, le décor est somptueux, le tout Paris, politique et artistique, s’y presse : Bonaparte, Joséphine de Beauharnais, Mac Mahon, Georges Sand, Lamartine et Victor Hugo.
Repris plus tard par Raymond Olivier avec des fidèles comme Jean Cocteau et Jean Marais et Colette, (qui logent au Palais Royal), Malraux, Sacha Guitry, Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Puis en 2011 par le chef Guy Martin, qui publiera un livre sur « le grand Véfour ».
Autre curiosité, au milieu du Jardin, le petit canon méridien, inventé en 1786 par l’horloger Rousseau,95 galerie de Beaujolais, près du Véfour, pour donner aux parisiens, l’heure exacte, « le temps vrai », grâce à une loupe et un système de mise à feu, à Midi, le canon tonnait, on pouvait l’entendre à un kilomètre à la ronde, quand il y avait du soleil bien sûr. D’où l’expression : « à midi pétante ». les parisiens pouvaient remettre leurs montres à l’heure. Je ne vous raconte pas l’histoire de l’arbre de Cracovie, qui donna l’expression « raconter des cracs ».
Nous arrivons, galerie, côté Valois, notre guide nous montre le plafond des galeries, ils sont en mauvais état, les propriétaires, ne peuvent les entretenir, curiosité du Palais Royal : «nous sommes toujours gérés par les lettres patentes de Monseigneur le duc d’Orléans, on nous promet un décret… Tous les commerçants le savent ». nous dit Mr Péniguet . En attendant les sous-toitures se dégradent .
De ce côté était le coutelier où Charlotte a acheté son couteau à virole d’argent pour assassiner Marat.
Le Palais fut aussi le lieu des prêteurs sur gage, des maisons de jeux (lire « Peau de chagrin » de Balzac).
Nos groupes se retrouvent et nous changeons de guide. Mille Mercis à Mr Péniguet
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